L’argent est-il le seul moteur de l’art ???

Publié le par Collectif des 12 South-Parkois

Catégorie : III] Le capitalisme c’est déjà moyen, mais en abuser ça craint !

Thème : 2) Le monde musical n’est pas une marchandise !!!

 

 

Fiche de visionnage n°14 :

Épisode 105 (saison 7, épisode 9) – Rock chrétien

 

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : L’argent est-il le seul moteur de l’art ???

 

  • Les pros : Metallica, Faith + 1, le FBI,
  • Les antis : le rock chrétien, Moop (à la fin).

 

  • Thèse : Artiste est un métier comme un autre où l’argent est aussi important qu’ailleurs ;
  • Antithèse : La culture est le fruit de la société donc tout le monde doit en bénéficier ;
  • Synthèse : Être artiste n’est déjà pas évident, laissons-les vivre de leur art !

 

 

Il était une fois à South Park les enfants qui répétaient avec leur groupe Moop (acronyme anglais de « Matter Out Of Place », terme associé au festival underground en plein désert Burning Man, définissant un objet trouvé à un endroit auquel il n’appartient pas) dans le garage chez Stan.

 

 

 

Introduction :

 

 

     La musique fait partie intégrante de la culture humaine depuis des dizaines de milliers d’années, pour communiquer avec les esprits, favoriser la transe ou manifester sa joie après une partie de chasse fructueuse.

 

     Depuis l’avènement des moyens de diffusion et d’enregistrement à grande échelle, la question du piratage des œuvres et donc de la protection des revenus et des droits des artistes se pose de manière cruciale, d’autant plus ces derniers temps avec la rapidité d’internet et la facilité de partage. La musique est devenue un business industriel qu’il faut protéger, mais en même temps les citoyens se sont appropriés de manière démultipliée cet art en lui ouvrant les portes de l’hyperconsommation, gratuite toutefois !

 

     Il faut trouver un équilibre entre la diffusion de la culture, et sa juste rétribution.

En somme, l’argent est-il le seul moteur de l’art ???

 

 

Thèse en faveur de l’art mercantile

 

     A l’instar des sportifs (et dans un autre registre, des politiques ou des religieux), les artistes ont toujours été adulés pour le bien-être sensitif qu’ils procurent au Peuple.

     Par voie de conséquence, l’humain étant mû par le besoin de reconnaissance, certains ont décidé d’employer ces voies afin d’acquérir un statut social élevé leur assurant amours, gloire et fortune. Il n’y a pas plus gratifiant que d’exercer un métier où l’on donne du bonheur aux gens et où l’on joint à cet agréable l’utile de la tune (également « air, mélodie » en anglais). De fait, il y a certaines personnes qui ont un minimum de talent qui exploitent leur don et leur travail uniquement pour les aspects bling-bling de l’art, sans aucune prétention réellement créatrice puisqu’il n’y a que la maille qui leur aille.

     Cartman en est l’exemple type, ce à quoi on pouvait si attendre. Alors que les enfants se creusent la tête pour savoir dans quel style évoluer, pour Cartman la solution est toute trouvée : l’inspiration doit provenir du rock et ils doivent former un groupe de rock chrétien. Comme il le reconnaît lui-même, il n’y a pas plus ringard et plus facile, donc il suffit de faire des textes sur l’amour de Jésus et  les Chrétiens achèteront leurs disques ! Kyle peut trouver ça débile, il n’empêche que ça a marché pour Creed (groupe de rock américain originaire de Floride classé dans la catégorie alternatif post grunge chrétien : il concilie à travers sa musique les difficultés de la vie avec les valeurs traditionnelles chrétiennes et réussit le mariage difficile d’une musique anticonformiste avec une vision plus structurée du monde ; cette modernisation de valeurs traditionnelles est l’une des clefs du succès fulgurant de ce groupe dans des pays prêts à accepter un retour à des valeurs fédératrices). Même si Stan ne veut pas faire de rock chrétien, comme le propose Cartman, ils peuvent toujours démarrer comme ça puis changer après. Kyle expulse Cartman, jugé trop peu sérieux pour faire partie du groupe, mais le gros lard ne se laisse pas faire et parie avec Kyle 10 dollars que s’il fait du rock chrétien il sera album de platine avant leur groupe. Il se lance de suite dans la compétition en allant chercher Butters et sa batterie, puis Token et sa basse (celui-ci ne croit pas en avoir et sait qu’il ne sait pas jouer, mais comme tous les blacks il a bien une basse et il la maîtrise). Pourtant, quand Cartman annonce son plan de se lancer dans la plus fantastique et financièrement enrichissante des expériences en fondant un groupe de rock chrétien, Token est le premier à vouloir partir. Mais le public chrétien représente 180 millions d’américains, et si chacun achète un album à 12,95 ça leurs fera...2 milliards 331 millions de dollars, ce qui est plus que motivant pour s’asseoir sur sa dignité ! D’autant plus que l’entreprise est très facile : il suffit de prendre une vielle chanson normale et de mettre Jésus partout : « Tu es toute ma vie Jésus, Je peux pas vivre sans toi, Jésus, Et je sens ta présence, Tout au fond de moi, Jésus ». Avec de telles paroles d’amour, Faith Records qui a adoré leur performance à la Christ Fest, veut être sûr que ses artistes travaillent pour Dieu, pas pour l’argent. Pour Cartman, c’est vexant, lui qui n’a jamais rien fait juste pour de l’argent (ça c’est lui qui le dit, on lui laisse l’entière responsabilité de ses propos !). S’il ment, que Dieu le terrasse à l’instant. Évident il ne se passe rien, donc les producteurs sont rassurés, sous le charme, et font signer le contrat du siècle au groupe de Cartman. Pour célébrer ses ventes exceptionnelles, Cartman nous sort le grand jeu (notamment avec une grande roue et un buffet somptueux), claquant tout le blé du groupe. Pour lui, il ne fallait pas mégoter, d’autant plus qu’ils regagner dix fois ce qu’il vient de dépenser. Lors de cette cérémonie en l’honneur de Faith Plus One, la pire journée de la vie de Kyle et la plus belle de celle de Cartman, en récompense de plus d’un million de disques vendus, l’industrie du disque chrétien leur remet un album de myrrhe. Cartman s’étonne de cette matière, d’habitude c’est or ou platine, mais en rock chrétien, c’est or, encens puis myrrhe. Cartman réalise alors qu’il a perdu son pari, qui concernait un album de platine, alors que lui pourrait avoir au mieux un double album de myrrhe. Sa déraison l’emporte et il se met à jurer, disant le nom de dieu en vain. Preuve de leur incompréhension mutuelle, tout ceci n’est pas important pour le producteur puisque le groupe répand la bonne parole de Jésus, sauf que Cartman emmerde Jésus ! Butters et Token tentent bien de calmer leur « leader » en lui expliquant qu’il ne faut pas dire de gros mot en parlant de Jésus sous peine de nuire au groupe, Cartman s’en fout complètement, lui qui focalise sur le fait que Kyle va lui piquer 10 dollars. Réexprimant son blasphème d’avant, le public se barre et Token fout une raclée à Cartman, même Butters y met du sien en lui lâchant un pet au visage.

 

     Certains ont un talent plus que caché mais sont très visibles, et d’autres ont un génie trop méconnu, tout est dans la communication !

     Selon le dicton, « ce n’est pas ceux qui parlent le plus qui ont les choses les plus intéressantes à dire » ! On peut tout aussi bien le mettre à la sauce artistique, car la fibre de ces métiers d’art ne se confond pas toujours avec la grosse artillerie marketing et communicationnelle déployée, ce serait même plutôt l’inverse : quand on est bon et apprécié du public, on n’a pas autant besoin d’un tel tintamarre pour faire parler de soi ! Malheureusement de nos jours, industrie artistique et majors obligent, l’artiste est vendu sous cellophane comme un produit packagé où tout est étudié et rien ne doit dépasser du plan stratégique prévu des mois à l’avance de la sortie d’un album pour être sûr que les bacs soient dévalisés.

     Cartman, maître es manipulation, est un pro de la communication et sait exactement ce que les gens attendent pour pouvoir assurer son succès ! Quand il fait les photos pour la pochette de l’album, les autres membres du groupe viennent bien sapés et se font diriger. Ils doivent l’air sain et détendu, se mettre n’importe où et avoir l’air de s’en foutre ! L’important est de ne pas sourire sur une pochette, ça fait ringard. Évidemment, les chansons se doivent aussi d’être racoleuses et faciles à retenir. Ensuite, il faut également participer à de grands évènements, tels que la Christ Fest, un grand rassemblement chrétien, où plein de croyants vont y claquer du fric et où il suffira de vendre l’album bien packagé comme il faut. Certes Cartman n’y connaît rien en chrétienté, mais il en sait assez pour savoir exploiter ce filon juteux ! Kyle n’a plus qu’à préparer ses 10 dollars !!! A côté d’un stand de bibles reliées, Cartman propose à la vente le meilleur de tous les CD de rock chrétien. Pour une vieille dame, ce sera parfait pour ses petits-enfants : de la musique de jeune avec des paroles inspirées, tout ce qui va bien pour faire passer le message biblique. Comme le dit Cartman le bon commerçant, c’est ce qu’il faut à tous. Malheureusement Butters vient gripper cette belle mécanique si bien huilée en avouant qu’ils ne sont pas vraiment chrétiens, qu’ils font semblant. Encore un coup comme ça, et Cartman lui broie les couilles : on ne déconne pas avec le business et la réputation ! Quand le leader entend la foule en délire pour un super concert, il devient évident pour ce jeune va-t-en-guerre du commerce artistique du pacifisme chrétien que pour vendre leur CD ils doivent monter sur scène. Lorsque les Sanctified, un groupe de métal punk inspiré par la foi dans le Christ, arrive et cherche les coulisses, Cartman flaire le gros coup et leur propose d’aller prier ensemble avant qu’ils n’aillent sur scène. Ils partent tous s’isoler, car c’est toujours bien de prier, sauf que Cartman le fourbe les enferme dans un placard à balais. Ainsi, le train du Salut continue sa route avec le groupe Faith Plus One. A la suite de cet énorme succès scénique, K-Tal fait une publicité présentant le groupe de rock chrétien le plus inspiré au monde, qui interprète les meilleures chansons chrétiennes. Un CD à commander tout de suite !


     Comme certains ne voulaient pas payer un CD et allaient le voler, aujourd’hui la chose est encore plus facile car le risque de se faire attraper est minime : le téléchargement gratuit est ainsi vite devenu la plaie de l’industrie de l’art.

     Que ce soit par manque de moyens, par défi ou par esprit subversif contre la marchandisation de l’art, de plus en plus de gens téléchargent gratuitement de la musique ce qui revient à piller l’œuvre d’artistes et le catalogue artistique de grandes maisons de production. Ces pirates des temps modernes ne peuvent justifier de tels actes de pirateries car ils sont tels des voleurs de couleurs pour les films ou de chanteurs pour la musique. Ce crime ne doit rester impuni sous peine de voir ce phénomène devenir un véritable mode de consommation alternatif, en-dehors du système marchand et le mettant d’ailleurs en péril dans sa logique même de fonctionnement. Pour préserver les privilèges et intérêts de certains, la culture de tous doit être surveillée et entravée dans son libre accès.

     Quand les enfants téléchargent quelques morceaux pour se faire un avis sur leur futur style, en moins de deux les bleus débarquent en force tels des commandos face à un forcené. Le FBI défonce tout sur son passage dans la chambre de Kyle, mais il ne sait quoi répondre quand son père lui demande ce qu’il a encore fait. Au poste, un inspecteur constate beaucoup de titres piratés, même  du Judas Priest, à croire qu’ils cherchaient vraiment les ennuis. Toutefois, « preuve » de leur bonne foi, les enfants ne pensaient pas que c’était si grave que ça. Après que l’inspecteur leur ait expliqué ce qu’il en était des conséquences effroyables du téléchargement gratuit, leur groupe Moop décide de faire grève tant que les pillages numériques n’auront pas cessé ! Ils sont vite rejoints en cela par Metallica puis d’autres vedettes internationales pour protester sous forme de festival de grévistes contre le pillage sur le Net et interdire ces pratiques criminelles.

 

Antithèse en faveur de la culture de masse, à pas cher

 

     Avec leur vente de disques, de dvd, leurs tournées et les produits dérivés, les stars brassent un énorme paquet de fric et vivent dans un luxe inimaginable pour leurs fans modestes.

     Même s’il est bien connu que plus on a d’argent moins on en a besoin, les stars deviennent vite accros à leur débauche de luxe. On dit également que l’argent est un bon valet, mais un mauvais maître, et on le voit clairement quand ce dernier prend le dessus sur l’artiste et fait que ce drogué à qui il en faut plus toujours plus devient la marionnette d’un système de pensée basé sur le carriérisme et l’appât du gain facile, notamment avec des compils et autres facilités de vie sur les droits d’auteur. C’est que l’argent appelle l’argent et c’est un domaine dans lequel nul n’est jamais rassasié.

     Alors que les enfants estiment que télécharger de la musique pour rien n’est pas si grave, un inspecteur de police s’en va leur montrer des choses qu’ils ne vont pas aimer. Ils rencontrent ainsi Lars Ulrich, le batteur de Metallica, pleurant près de la piscine. Il voulait mettre un bar aquarium à requin plaqué or à côté de la piscine. A cause de ceux qui volent sa musique, il devra attendre des mois avant de l’avoir. Mais il y a pire encore ! Britney Spears avait avant un jet privé type Gulf Stream 4. Mais à cause des gens qui pillent sa musique, elle a maintenant un Gulf Stream 3, qui n’a même pas de télécommande pour le DVD son surround. Ils se rendent ensuite chez la famille de Master P. C’est bientôt l’anniversaire du petit, et il rêve depuis toujours d’une île en Polynésie. Ses parents vont-ils lui offrir ? Rien n’est moins sûr si les choses continuent ainsi : il n’aura jamais son paradis tropical et l’île restera sans propriétaire. Alors, pirater de la musique, ce n’est pas   grave ? C’est bien la folie des humains : il faut penser aux conséquences atroces que produisent ces actes égoïstes, sinon il y a fort à craindre que les stars ne vivent plus qu’à moitié dans le luxe.

 

     Face à ceux-là, nous avons les internautes mélomanes qui se ruinaient à acheter des CD justement pour financer le train de vie fastueux de leurs idoles riches aux as.

     Alors que la culture s’est largement développée et que les coûts de production ont plutôt tendance à baisser notamment concernant la fabrication des albums, le prix de la musique quel que soit le support n’a pas beaucoup évolué les dernières années. La révolution numérique a ébranlé un ancien modèle de production et de distribution, qui peine à mettre en place des alternatives crédibles. Bien sûr, plus cher que gratuit c’est argent trop cher ! Mais s’il y avait une réelle valeur ajoutée à payer pour avoir une offre plus attrayante du côté légal, la balance commerciale serait sûrement moins mal en point.

     Quand le groupe des enfants veut acheter des CD pour se faire son style, Kyle demande 300 dollars à son père. Malheureusement, Kyle a déjà eu son argent de poche, et son père fait son juif (ce n’est pas bien beau de dénigrer son propre peuple !) en ne voulant rien lâcher. Pour Kyle, tout est foutu, mais Kenny révèle alors aux autres membres du groupe que l’on peut avoir de la musique gratos sur le Net : il suffit d’un clic ! Les gens copient les disques sur leurs PC et on peut ensuite les télécharger gratos. Pour ceux qui ne peuvent faire autrement, avoir de la musique à l’œil c’est géant !

 

     Mais tout acte illégal, quel que soit le jugement qu’on peut porter à cette orientation juridique, entraîne une sanction, notamment financière.

     Pour tenter d’enrailler un phénomène déjà bien lancé, les autorités ont mis en place des échelles financières pour taper fort là où ça fait mal aux fesses, dans la poche de derrière du pantalon, au portefeuille. C’est toujours la même technique : on chope quelques criminels de haute volée de droits et on leur fait payer les pots cassés par tous en espérant faire un exemple et que le pillage s’arrête faute de rentabilité entre le bénéfice du vol et le coût de la sanction légale.

     Suite à l’arrestation des affreux jojos, les parents doivent payer 400 dollars d’amende. Pour le père de Stan, la somme est disproportionnée car ce n’est pas si grave que ça que d’avoir téléchargé des chansons. Encore une fois, l’inspecteur du FBI emmène les parents voir les dégâts que cela peut provoquer sur la luxure des stars.

 

Synthèse

 

     Être un artiste n’est pas un métier comme un autre, c’est un grand travail sur ses capacités pour atteindre un certain niveau d’excellence.

     A contrario d’autres professions, on ne peut pas devenir artiste sur un coup de tête, du jour au lendemain. On peut certes avoir des facilités à chanter, peindre ou écrire, mais cela ne fait pas le talent ! Pour cela, il faut de la créativité, du sens critique pour séparer le bon grain de l’ivraie artistique, et beaucoup de persévérance pour faire sa place dans un milieu particulièrement fermé.

     On le voit très bien dès les origines du groupe Moop : le père de Stan arrive inquiet, croyant qu’on torturait des Vietnamiens en leur arrachant les intestins par la bouche, alors que les enfants répétaient. En outre, définir son style musical est loin d’être si aisé qu’il peut y paraître : Kyle joue plutôt funky, Kenny est latin jazz, et Stan plutôt hip-hop et R’N’B dans ce qu’il fait. La solution, pour eux, serait d’écouter d’autres groupes pour trouver l’inspiration puis définir son style en fonction de cela. Il faut dire que c’est le rêve de Kyle, la musique c’est sa vie ! Sauf que ce n’était pas ce qu’il disait la veille. Mais la fougue de la jeunesse de Kyle lui fait croire que sa place est sur une scène, qu’il arrivera au top car il a la musique dans l’âme (sachant qu’en tant que juif, il n’a déjà pas le rythme dans la peau, cf. la chorale dans la forêt tropicale). Alors qu’ils sont en grève contre le piratage, Stan se rend compte que c’est dur d’être dans un groupe (de musique comme autrement). Heureusement, Kyle est là pour le remotiver, car c’est dans ce genre d’épreuves qu’on voit si le groupe est uni et solide : il faut arriver à tenir bon dans les moments difficiles, comme Les Beatles.

 

     Dans tous les métiers, il y a des hauts et des bas, et quand enfin ça vient, alors ça va ! Les professions artistiques sont les premières soumises aux aléas de la fortune (en ancien français, fortune = chance).

     Tout travail mérite salaire ! N’importe quel stagiaire en conviendra ! Il en est de même dans les milieux culturels, car même un artiste, si perché soit-il, ne peut vivre d’amour et d’eau fraîche. Un créateur sait qu’il risque de manger du riz et des pâtes pendant un certain temps avant que son œuvre soit connue puis reconnue, mais il attend qu’en même de pouvoir en vivre, ne serait-ce qu’en complément d’une activité parallèle si le succès n’est pas tant au rendez-vous. On peut faire de l’art bénévolement dans le cadre d’une passion du dimanche (et de tous les autres jours de la semaine si on veut quand même faire ça bien), mais si on s’engage dans une voie professionnelle il faut tout de même un minimum de retour, rien que pour payer au moins les frais fixes de déplacement ou de production de l’œuvre (location d’un studio d’enregistrement, pots de peinture, rames de papier, etc. ...).

     Après le sermon de l’inspecteur du FBI sur le téléchargement, Stan est impatient de rentrer chez lui pour jouer à nouveau. Mais Kyle réfrène ses envies, il n’en voit plus l’utilité : s’ils font un album, de toute façon les gens téléchargeront leurs chansons gratos sur le Net et ils ne vont donc pas gagner un rond ! Pour eux, tant que les gens voleront la musique, ils doivent refuser de jouer pour des clous ! Quand Cartman arrive la mine joyeuse car son album sera bientôt album de platine (oui enfin, c’est pas encore gagné car il n’en a vendu pour l’instant que 13 sur le million nécessaire), Kyle le rafraîchit car tout ceci ne servira à rien puisque les gens auront son CD à l’œil sur le Net.

 

     Et si c’était justement ça le but ultime de l’art : la culture de masse ? Plutôt que quelques uns achètent un CD, autant que tout le monde l’écoute !

     Un artiste n’est pas un producteur de marchandise comme n’importe quel manufacturier ! Sa production n’est pas utile au sens pratique du terme, mais elle est nécessaire à la bonne vie d’une société (pensez un monde sans musique, ni cinéma ni peinture ni livre, beurk), à l’épanouissement individuel : si le monde d’aujourd’hui n’avait pas de soupape artistique partagée par un grand nombre, ce système qui s’ennuierait au boulot sans opportunité de fuite de la triste réalité dans le mondes des arts serait rapidement en danger par le propre stress qu’il génère et qu’il ne pourrait plus éliminer en le cachant temporairement sous le tapis du divertissement.

     Alors que Stan en a vraiment ras le bol de faire grève (pour rien en plus) et qu’il est prêt à oublier le groupe, Moop reçoit un recommandé indiquant que l’album de Faith Plus One vient d’atteindre un million d’exemplaires. Cartman a réussi, il a un album de platine. Le groupe Moop voulait tellement protéger sa musique, qu’ils en ont oublié de jouer. Lars Ulrich de Metallica s’emporte, se demandant bien de toute façon pourquoi jouer si on ne gagne pas des milliards ? Mais pour Kyle, la vérité est ailleurs : c’est ça être un vrai artiste, jouer pour être   écouter ! Les CD seront toujours copiés et échangés gratos, mais un musicien est vraiment heureux de jouer quand un public l’écoute. Certes les chansons seront piratées, mais si elles sont bonnes, un public plus large et grand viendra voir les concerts. Moop se fout du fric car seule la musique compte ! Le groupe arrête la grève, pour mieux  rejouer, mais il n’est pas suivi en cela par les stars accrochées à leurs dollars !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : la musique en particulier et l’art en général ne sont pas des marchandises tout à fait comme les autres.

 

Étant donné que la culture apporte son lot de bien-être au niveau des sens et qu’elle favorise le brassage des idées, elle a un rôle social majeur. Tant et si bien que certains n’hésitent pas à passer par cette case artistique pour flatter leur ego et récolter pas mal d’argent. Le fond du problème est bien que la culture est devenue trop chère et que face à la gratuité, l’industrie ne peut pas lutter, si ce n’est par des offres intelligentes qui compensent le prix de services à forte valeur ajoutée.

 

Comme la motivation principale d’un politique doit être de faire le devoir pour lequel il a été élu, la force d’un artiste doit être de mettre au service de tous son art afin que le plus grand nombre en bénéficie, le créateur bien sûr y compris. Il faut ainsi trouver un juste équilibre entre la culture et donc l’ouverture d’esprit de masse et la juste rétribution des artistes qui ne sont pas là que pour nous servir en offrant du plaisir à perte !

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Commenter cet article

Monnayeur 11/07/2014 13:56


On a beau dire ce que l'on veut, l'argent n'achète pas tout et gna gna gna... il permet quand s'offrir une certaine liberté et tout le monde à le droit à la liberté ! Par ailleurs il ne faut
quand même pas confondre l'art avec la religion, c'est une activité humaine comme une autre.

clovis simard 20/10/2013 18:29


L'ART EST INCOMPATIBLE AVEC L'ARGENT($).fermaton.over-blog.com

Pia 30/11/2009 16:11


Grand débat...
En ce qui me concerne, je trouve que pirater  ou acheter un album de Britney Spears est une offense à l'art... mais bon... çà n'engage que moi!
Dans les années 80-90 on se faisait des copies et des copies et rererecopies sur k7, jusqu'à ce que cela en devienne inaudible et cela ne semblait gêner personne!
Maintenant que certains artistes qui gagnent des millions s'endorment un peu moins riches ce soir... bah... je m'en bats un peu les reins!
Par contre, télécharger des albums de jeunes artistes qui débutent et qui rament parfois pour se faire distribuer, là, oui je trouve çà assez naze. Toutefois, télécharger est parfois une bonne
méthode pour connaitre des artistes dont on aurait pas oser acheter au hasard un album...et ensuite pourquoi pas aller à des concerts.
Et puis en règle générales, les bons artistes ne devraient pas se stresser, s'ils continuent à servir de la qualité le public suit.
Enfin voilà...
... toujours aussi bavarde en ce moment!
;)


Collectif des 12 South-Parkois 30/11/2009 16:54


On ne devrait pas le dire, mais comme on a acheté bizef d'albums étant jeunes et fougueux on peut : nous sommes des pirates (mais moins que Tipiak ) !!! Comme tu le dis si bien, cela nous a permis de découvrir des groupes qu'on n'aurait jamais acheté et qu'on s'est empressés
d'aller voir en concert ou en festoche (ce qui nous a fait connaître d'autres groupes et ainsi de suite) ! Pour info, l'industrie du cinéma ne s'est jamais mieux portée que depuis les
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