La sexualité expliquée aux enfants doit-elle se faire par l’instruction publique en milieu scolaire ou plutôt par l’éducation privée et personnelle des géniteurs gênés ???

Publié le par Collectif des 12 South-Parkois

Catégorie : IV] Ce qui fait du bien peut aussi faire mal (et pas qu’aux mâles) !

Thème : 1) Avant même l’amour, on « veut » déjà tout savoir sur le sexe

 

 

Fiche de visionnage n°22 :

Épisode 72 (saison 5, épisode 7) – Du bon usage du préservatif

 

 

Analyse philosophique des extrêmes : La sexualité expliquée aux enfants doit-elle se faire par l’instruction publique en milieu scolaire ou plutôt par l’éducation privée et personnelle des géniteurs gênés ???

 

 

  • Les pros : le conseiller d’orientation de l’école M. Mackey, la principale Victoria, les profs M. Garrison et Mme Crockelpaf, les enfants (relativement peu demandeurs) et leurs parents,
  • Les antis : Chef.

 

 

  • Thèse : C’est bien parce que c’est crucial dans la vie d’un humain qu’il faut en passer par des spécialistes, au moins de la pédagogie enfantine,
  • Antithèse : La sexualité est trop importante dans la vie pour la confier à des étrangers aux mœurs et valeurs de la famille,
  • Synthèse : L’école doit enseigner la théorie biologique et les parents expliquer l’expérience pratique, selon ce que l’enfant demande (ni plus, ni moins).

 

 

Il était une fois à South Park, un gros garçon nommé Cartman qui montra à ses amis (après s’être renseigné auprès de CM2) comment on pouvait tirer du lait d’un chien en lui faisant faire la fusée. Ses amis en furent tout émoustillés, mais tout autant déçus que l’expérience ne puisse être renouvelée de suite pour leur plus grand plaisir. Ils ignoraient en effet comment fonctionnait le fait de faire reluire un chien et ce qu’était concrètement ce lait, qui plus est uniquement produit par les mâles.

C’est alors que le petit Stan voulu montrer ce nouveau tour de magie à ses parents alors en pleine réunion littéraire avec d’autres parents d’élèves de l’école primaire. Puni pour avoir scandalisé tous les participants de la réunion, Stan ne comprenait toujours pas ce qu’il avait fait de mal, lui qui ne voulait que montrer à ses parents un truc marrant. Il fut autant surpris de savoir que ce qu’il avait fait au chien était sexuel, que ses parents d’apprendre qu’il n’en savait rien car il n’avait pas suivi de cours d’éducation sexuelle à l’école.

 

 

Introduction :

 

 

Que ce soit la reproduction ou simplement la sexualité « récréative », cet aspect fait partie intégrante de la vie de tout humain animal. Pour autant, alors que l’acte est mécaniquement relativement simple (introduire la protubérance mâle dans l’orifice femelle, tel un embout – mais pas un doigt, enfin pas dans cet exemple électrique n’est-ce pas les enfants – dans une prise), étant donné que nous ne sommes pas de bois, la pratique peut s’avérer bien plus compliqué qu’il n’y paraîtrait à prime abord d’âge sexuellement actif.

 

Ainsi, pour que la première fois se passe le moins mal possible (autant en terme de défloraison pour la fille que de gestion du stress pour le garçon – pour éviter l’éjaculation prématurée et son atteinte à la virilité qui blesse dans une période de construction de soi où l’on a vraiment pas besoin de ce genre de désastre en plus du reste de ses fragilités –, mais surtout de transmission de maladie – la première étant la vie, cette pathologie mortelle sexuellement transmissible), il est nécessaire que quelqu’un s’occupe de la transmission de ces savoirs à la génération montante.

Il s’agit de la génération descendante (aussi en terme de seins qui tombent et de débandade), en parallèle aux enseignements biologique de l’école et des trucs et astuces que peuvent donner les copains et copines (qui partagent la p...) étant déjà passés à l’acte, aux retours d’expérience du frère/cousin ou de la sœur/cousine, ou aux renseignements trouvés sur le net ou via Anal+ le premier samedi du mois.

 

Étant donné que notre monde érotisé s’étale au vu et au su de tout le monde, sans distinction ni protection pour les âmes sensibles, qui est le mieux à même de donner les enseignements nécessaires pour replacer les choses dans leur contexte et faire le tri des idées reçues ?

En somme, la sexualité expliquée aux enfants doit-elle se faire par l’instruction publique en milieu scolaire ou plutôt par l’éducation privée et personnelle des géniteurs gênés ???

 

 

Thèse en faveur de l’instruction publique

 

     Les enfants apprennent des choses sur la sexualité à la télé et dans les rues, alors que nous n’avons aucun moyen d’empêcher ça !

     Malheureusement, cette (fausse) impression de facilité d’accès à l’information concernant la sexualité, fait que nombre de parents sont persuadés qu’ils n’ont plus aucun rôle d’instruction en la matière et s’en trouvent soulagés, mais de manière erronée. En effet, les adultes croient à tort que les enfants connaissent tout du sexe et de la sexualité en général. Mais lorsqu’ils se rendent compte, finalement, que leur progéniture croit connaître les choses de la vie alors que leur rejeton n’a qu’une très vague idée de quoi il retourne, les géniteurs se retrouvent gênés d’expliquer concrètement ce qu’il en est et de balayer les idées reçues de la cour de récré. Et pour cause : c’est bien évidemment difficile (ne serait-ce que pour son propre ego) de voir que son enfant a grandi (et donc lui et les parents vieillis) et qu’il faut à présent changer de registre en lui parlant (progressivement quand même) comme à un adulte (ou à minima comme à un adolescent ou adulescent).

     C’est pourquoi les parents de Stan sont vraiment étonnés, quand celui-ci a fait reluire le chien, d’apprendre que pour lui il ne faisait que le traire. Il ne réalisait tout simplement pas que ce qu’il avait fait était une stimulation sexuelle du canidé. Ayant lancé le sujet, le père de Stan devient tout rouge et très embarrassé à l’idée de préciser que ce n’était pas du lait qui était sorti, mais que lorsqu’on fais ce genre de chose à un mâle, il est naturel qu’il y ait un truc qui sorte (à croire que le mot sperme est d’une vulgarité affligeante, alors que c’est comme cela que ça s’appelle – dire foutre, jute ou autre serait effectivement déplacé, mais là c’est le terme scientifique sachant que le père de Stan en est un, même s’il est géologue). En bref, pour les parents très mal à l’aise, c’est à l’école que leur enfant devrait apprendre ces choses-là !

 

     Depuis la libéralisation des mœurs des années 60 et plus spécifiquement de la liberté sexuelle, les nouvelles générations ont un tout autre regard sur la sexualité : celle-ci s’est en effet décorsetée et, tout en gardant son aura de mystère, devient beaucoup plus accessible voire insouciante.

     En conséquence, de par leur contact privilégié avec les élèves de différentes classes d’âge et milieux sociaux, l’institution éducative en général ainsi que le corps enseignant en particulier sont les plus à même de détecter les problématiques qui se présentent à eux, de définir des pistes de réflexion afin d’étoffer le projet pédagogique et de mener à bien leur mission éducative dans tous les domaines concernant l’enfant, cet adulte en devenir.

     Ainsi, les enseignants s’inquiètent du fait que leurs élèves aient des relations sexuelles de plus en plus jeunes, ce qui fait que les MST les touchent de plus en plus jeune également. De fait, le seul moyen de combattre ce fléau, c’est d’éduquer les enfants avant qu’ils n’aient des relations sexuelles (ce qui est la logique même, car mieux vaut prévenir que guérir – d’autant plus que la guérison n’est pas toujours assurée pour bon nombre de maladies), mais dans le cadre de l’école afin d’aborder tous les thèmes, sans tabou ni gêne.

 

     De toute façon, quoi qu’on en pense, on ne peut surveiller en permanence les faits et gestes de qui que ce soit. En effet, qu’il soit parental ou institutionnel, on ne peut faire de flicage envers tout le monde.

     Le mieux est ainsi de ne rien cacher (dans certaines limites toutefois) mais plutôt d’informer à la mesure de ce qui est nécessaire et demandé, alors que les parents (de par leur statut même de géniteurs) peuvent penser que mieux vaut tard que jamais (quoique, pour eux le top du top étant sûrement l’inverse).

     Ainsi, alors que les enfants souhaitent acheter des préservatifs chez le pharmacien, ce dernier se refuse à leur en vendre. Pour lui, des enfants de leur âge ne devraient pas commencer aussi tôt leur vie sexuelle, ce en quoi sa femme répond qu’ils sont de toute façon (ne serait-ce que d’un point de vue légale) tenus de fournir des préservatifs à quiconque en fait la demande ! En effet, même si ce sont des enfants, personne (et encore moins quelqu’un qui n’a aucune autorité à avoir sur eux) ne peut vouloir qu’ils aient des rapports non protégés. On peut certes estimer que le fait qu’on leur parle de sexe et de préservatif à l’école est une mauvaise chose (chacun son point de vue, et celui-ci n’est pas le plus « mauvais »), de toute façon ils feront ce qu’ils voudront ! C’est le devoir de s professionnels de santé de ne pas porter de jugement moral mais d’assurer qu’ils seront protégés ! De même, alors que Mme Crockelpaf trouve ça très dommage que les filles aient des relations aussi jeunes, elle fait en sorte que ses élèves connaissent les risques encourus.

 

Antithèse en faveur de l’éducation privée/personnelle

 

     Pour autant, ce zèle initialement bienveillant peut entraîner des dérives dont la portée peut être dévastatrice pour des êtres en pleine maturation voire construction de leur future personnalité et identité adultes. A trop vouloir bien faire, on peut être amené à franchement dépasser les bornes !

     Ainsi, cela soulève un autre problème, à savoir à partir de quel âge faut-il enseigner la sexualité ? On pourrait bien sûr penser qu’il n’y a pas d’âge « parfait » pour commencer cette instruction, mais qu’il faut plutôt se baser sur la maturité de chaque enfant. Dans le cadre scolaire il faudrait alors prendre en compte la moyenne de maturation des élèves d’une classe et adapter le programme pour ne pas trop heurter les âmes plus sensibles. Toutefois, on peut également considérer que le plus tôt sera le mieux, avec une montée en puissance et en approfondissement des sujets avec l’âge. Mais il ne faut pas non plus en arriver à des excès flagrants, qui choqueraient n’importe quel citoyen lambda mais pas les profs de cet univers, bien particulier (et heureusement d’ailleurs).

     A South Park, on croit que la plupart des élèves de CM1 achètent des préservatifs parce qu’ils sont sexuellement actifs et qu’ils ont été effrayés par tout ce qu’ils ont appris les jours précédents. On peut estimer qu’au moins les enseignements leur ont fait suffisamment peur pour qu’ils se protègent (ce qui n’est pas mal en soit), mais de là à considérer qu’il faut commencer l’éducation sexuelle encore plus tôt qu’en CM1, il y un pas que peu franchissent. Sauf évidemment les south-parkois ! Mme Crockelpaf estime en cela, suivie par M. Adler le prof d’atelier, qu’il est de leur  responsabilité de mettre en garde les enfants avant qu’ils ne fassent des conneries. Ainsi, pour bien  mettre en garde les élèves avant même qu’ils aient commencé à avoir des relations de quelle nature que ce soit et surtout pas après coup de bite (plutôt que de parler « tardivement » des problématiques liées aux relations sexuelles, autant commencer l’apprentissage dès les prémices des relations purement amicales et sentimentales), ils estiment que le mieux est de commencer dès la maternelle ! Évidemment, puisque l’attirance vers le sexe opposé commence bien plus tard, les petits ne sont soit pas intéressés du tout par ça, soit ils en pleurent, soit ils confondent ou ne comprennent pas les questions. Ainsi, M. Garrison (en plus avec un prof pervers comme lui, l’école pousse vraiment le bouchon trop loin) demandant ce qu’est une capote, une gamine dit que c’est des légumes que les lapins adorent. Suite à l’explication que les préservatifs servent à éviter les MST, un autre gamin voudrait plutôt faire du coloriage. Dans son zèle bien connu, M. Garrison répond que non, se demandant même si ces élèves tant « concernés » ne voudraient pas attraper de l’herpès ou un bon petit SIDA bien cool ! Il leur montre même de quelle façon on doit enfiler un préservatif, avec une technique à lui si particulière, mais bien sympathique (pour les adultes en tout cas). Sortant un godemiché, il place la capote dans sa bouche et le déroule directement sur le phallus synthétique (idée simple et très sympathique, mais à laquelle beaucoup de femmes, et d’hommes, n’ont même jamais pensé). Éberlué par ce qu’il vient de subir visuellement, un des bambins en culotte courte se met à pleurer. Plus tard (juste en terme d’heure), il révisera avec les pitchounes les différentes positions sexuelles : le missionnaire (efficace quoique un peu ennuyeuse), la levrette (doggie style, in english please, qui a son charme), le marteau pilon (pile driver : 69 debout mais aussi prise de catch), le vilain Sanchez (de la part de celle qui confondait capote et carotte : l’homme, après avoir vigoureusement introduit son pénis dans l’anus de sa partenaire, se retire et dessine avec celui-ci une belle moustache mexicaine – d’où le « Sanchez » – sur le visage de sa partenaire) et un Charles le Chauve (une fellation) !

 

     Bien évidemment, l’enseignement de choses aussi intimes ne va pas forcément de soi. En plus des ricanements et des gamineries propres à cet âge, nécessitant donc une certaine forme d’autorité et de discipline dans la classe, la fougue de la jeunesse entraîne une multitude de questions que les jeunes esprits curieux voire malinformés ont en tête depuis un certain temps.

     De fait, il faut que l’enseignant diffuse un message clair et puisse répondre à toutes les interrogations, souvent biscornues pour un adulte mais profondément révélatrices des malentendus persistants. Chose pas forcément évidente, l’équipe pédagogique se doit (et encore plus aux enfants qu’à elle-même) ainsi d’être suffisamment pédagogue et bien entendu compétente en la matière pour bien transmettre les connaissances nécessaires. Malheureusement, lors de la formation des professeurs, ces aspects ne sont pas considérés comme une priorité dans le vaste champ des savoirs à transmettre.

     Au-delà du cas Garrison, tous les profs ne sont pas aussi compétents en sexualité (mais à leur avantage, ne sont pas aussi pervers que lui non plus). En plus d’avoir à subir cet enseignement dans un cadre guindé car scolaire, les enfants apprennent que dalle avec M. Mackey (qui plus est plutôt conseiller d’orientation que prof) ou que les mauvais aspects du sexe avec Mme Crockelpaf. Cette dernière n’envisage le sexe que par le petit bout de la braguette, enseignant en priorité les myriades de maladies que les garçons peuvent donner, notamment la plus épouvantable que les filles puissent  attraper, à savoir tomber enceinte (vu qu’il semblait aux filles charmant et amusant d’avoir un bébé, la prof leur montre un film d’un accouchement réel, propre à effrayer le plus fervent catho défenseur de la vie) ! Rien de bien étonnant pour Chef, qui pense (à raison) que Mackey ne doit pas connaître la différence entre un hymen (petit peau qui se casse et libère du sang lors du premier rapport – « péter la rondelle ») et une hystérectomie (ablation de l’utérus), et qui serait étonné que Crockelpaf se soit fait sauter une seule fois dans sa vie ! La preuve, cette dernière autant que M. Mackey se déclarent tout à fait heureux sans sexualité, en ajoutant qu’avec les maladies qu’il y a aujourd’hui, qui a besoin de ça ? Pas eux en tout cas, et c’est bien le fond du problème. Pour eux, le sexe est trop problématique et il ne sert à rien de trop s’y attarder.

 

     Avec les programmes scolaires actuels et le stress, il est loin d’être évident de bien faire ce si beau métier d’instituteur. Des cours qui mériteraient plus d’attention, de temps et de rentrer davantage dans les détails, ne sont du coup qu’effleurés du bout des lèvres.

     Cela peut bien évidemment poser problème sur des sujets aussi sensibles que ceux concernant la sexualité. Si les cours ne sont pas suffisamment préparés en amont et qu’on accorde trop de place aux questions (foisonnantes) des élèves, on peut vite passer à côté d’un point important ou le traiter trop à la légère comparativement aux questions et mauvaises réponses qui peuvent en découler.

     Ainsi, toute emportée par sa verve anti-chibre et vociférant contre les maladies transmises par les garçons, Mme Crockelpaf entraîne une foule de déboires à tous les élèves, les siens comme ceux ayant suivis le cour de M. Mackey. Par son manque de professionnalisme, elle est allée « un peu » trop loin pour effrayer les filles, qui plus est sans préciser que pour que les garçons donnent des MST il fallait qu’il y ait relation sexuelle : pour éviter tous ces malencontreux quiproquos, encore eût-il fallu(s) qu’elles le su(cent) ! Les filles, épouvantées par les images qu’elles avaient visuellement subies, n’eurent alors de cesse d’exiger le port obligatoire du casque à bite (elles auront au moins ce bon réflexe pour plus tard), ne serait-ce que pour les garçons puissent leur parler. Dans la droite lignée des stupides idées reçues sur le SIDA, les garçons étaient ainsi persuadés qu’ils devaient se protéger (en plus du rôle secondaire, voire principal pour eux, de réservoir à pipi pour ne plus aller aussi souvent aux toilettes) car les filles pouvaient, juste en claquant la bise ou par contact quelconque, leur transmettre le SIDA. Craignant une conspiration féminine, Cartman lance qu’il s’en doutait : ces connasses mentent comme elles respirent ! Finalement, les rôles s’inversèrent alors : les garçons étaient persuadés que les filles les avaient roulés car c’était elles qui leur refilaient des maladies, d’où l’idée que pour que les mecs restent en vie, il fallait se débarrasser des gonzesses ! La guerre des sexes avait commencé !!! Les filles avaient construit une espèce de forteresse pour pas que les garçons s’approchent ! Les voyant arriver l’arme à la main, elles leur lancèrent qu’elles ne voulaient pas tomber enceintes et leur conseillaient d’embarquer leurs sales maladies et de s’en aller pour toujours. Chauffés à blanc par les révélations récentes de leur conseiller d’orientation (sexuelle à ce niveau-là de haine anti-Vénus), les garçons répondirent que c’était leurs maladies et donc à elles de quitter la ville, d’où une lutte genricide s’en suivie jusqu’à épuisement des deux parties.

 

Synthèse

 

     Finalement, dès le départ, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut éduquer les enfants à la sexualité. Au-delà de savoir à qui revient cette lourde tâche, il convient de toute manière de définir un programme éducatif et de s’y tenir, sans rien oublier au passage.

     On dit souvent qu’il vaut mieux garder le meilleur pour la fin, mais dans ce cas précis il paraît évident après cet épisode que ce n’est pas le meilleur choix sur ce genre de sujet. En effet, les enfants – encore plus que les adultes – ont tendance à focaliser d’entrée de jeu sur les aspects négatifs et à être nettement moins réceptifs (vu le choc émotionnel de la première tournée d’informations) sur la suite des « festivités ».

     Ainsi, comme le dit Chef, les premières choses qu’ils vont apprendre sur le sexe sont les maladies vénériennes (du nom de Vénus, déesse de l’amour) ! C’est le moins qu’on puisse dire d’estimer que c’est un peu lourd de leur foutre la trouille avec les MST ! Alors que les filles étaient très curieuses et excitées d’aborder le sujet de manière directe (même si elles pensaient aussi que ça allait être très marrant, comme ces immatures garçons qui se gaussaient sans même savoir dans quel sens regarder les croquis explicatifs), estimant que le sexe était un amusant jeu d’amour, Mme Crockelpaf cassa dès l’entrée en matière leur enthousiasme. Elle les dégoûta à vie du sexe, mentionnant que celui-ci n’apportait que maladies ! On peut toutefois estimer qu’il y eut un effet positif, à savoir le fait pour ces futures ladies de forcer les garçons à porter des préservatifs ! A la fin de l’épisode, Chef indiquant que le bon âge pour commencer les relations sexuelles est 17 ans (amoureux ou pas, à cet âge là il estime qu’on est de toute façon prêt, donc faut y aller, droit au but et bite en tête), Stan et sa copine Wendy tombent d’accord pour dire qu’il leur reste un bout de temps avant de se préoccuper de sexualité et de maladie !

 

     Comme le dit la publicité : Grandir ? Pour quoi faire ??? Cet âge d’or de l’innocence qui sera bientôt perdue, tant dans le dépucelage que dans les durs coups de la vie, doit se prolonger le plus longtemps possible. La vie est suffisamment courte (si elle s’arrête avec le permis contre un arbre) ou même longue pour en profiter un maximum tant que les choses paraissent encore relativement faciles et surtout tant que la motivation de se surpasser n’a pas été complètement brisée par les désillusions de la dure réalité.

     Ainsi, ne serait-ce que pour le bon développement, serein, de l’enfant en pleine phase de construction et d’expérimentation, il est nécessaire de laisser et continuer de faire croire que le monde il est gentil et que tout le monde il est bon (même si les gamins sont déjà loin d’être dupes, mais pas la peine d’en rajouter, ils connaîtront toute l’ampleur des déboires à venir toujours trop tôt).

     Pour exemple, à la fin de l’épisode, les enfants (rassurés au sujet de la sexualité dans sa globalité) repartent de plus belle pour vivre comme avant. Cartman appelle un chien et lui demande de faire la fusée. Tout le monde est émerveillé devant Cartman en train de branler le chien, comme si de rien n’était. Il n’y a rien de bien méchant à cela (puisque même, et surtout, le chien y trouve son compte), ça reste un jeu d’enfant. Comme le dit Chef, qui s’y connaît en amour plus ou moins courtois, voulons-nous vraiment que nos enfants apprennent tout sur le sexe ? Une part du bonheur d’être un gamin, c’est d’être naïf ! Laissons-les vivre leur enfance tranquille ! De toute façon, les cours d’éducation sexuelle commencent déjà relativement tôt, dès l’entrée en 6è !

 

     Quelle que soit l’attitude des parents, les enfants commencent à partir d’un certain âge à s’interroger et à s’intéresser de plus en plus au sexe. Quoi de plus normal lorsqu’on voit la chose se développer, se couvrir de poils et sécréter du fluide séminal bizarre (d’autant plus chez les filles, puisque chez elles ça « coule » sans crier gare et qu’elles n’aient rien demandé).

     Alors que les écoles donnent des cours d’éducation sexuelle à des enfants de plus en plus jeunes, il paraît utile de rappeler que le sexe n’est pas une chose qui s’apprend avec des schémas et des diagrammes ! Le sexe, c’est émotionnel et spirituel !!! On peut éventuellement laisser la partie biologique/mécanique à l’école pour être « sûr » de ne pas raconter de bêtises (quoique avec le net aujourd’hui, il existe pas mal de sites très bien fait à ce sujet, pour tous les âges), mais même si c’est évident que ce n’est pas toujours facile pour les parents, il n’en reste pas moins que ça doit être, pour une large part (notamment les aspects plus sensuels que sexuels à proprement parler), expliqué par la famille !

     Cet épisode nous l’a bien montré : si nous laissons l’école faire l’éducation sexuelle de nos enfants, ils peuvent tomber sur un mauvais prof. Ça peut être quelqu’un qui n’y connaît rien (M. Mackey), quelqu’un qui a une mauvaise opinion sur le sexe (Mme Crockelpaf), ou pire encore un pervers total (devinez qui ? C’est facile de ne pas se tromper) ! Comme le confirme la mère de Stan, tout a commencé parce qu’ils n’ont pas eu le courage de parler à leurs enfants. De même pour la mère de Kyle : c’est plus facile de s’en remettre à l’école, mais ce n’est pas la bonne solution !

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc  aujourd’hui : la sexualité est un thème délicat à traiter, souvent à la source d’emportements passionnés et passionnels.

 

Pour autant, étant donné l’importance majeure que représente la chose dans la vie de tout adulte (même s’il n’y a pas que le sexe dans la vie, il y a les seins et le cul aussi), sans oublier toutes les questions fumeuses et bien à propos, il est du ressort des expérimentés de transmettre leurs connaissances aux enfants. De là à savoir qui doit informer sur quoi, nous avons bien bu qu’il faut y prendre garde pour éviter les dérives dramatiques de la non/més/dés-information.

Pour nous, il ne fait pas un pli que l’école doit rester dans son rôle d’enseignement des faits théoriques (dans le cas présent, biologiques) alors que les parents doivent humaniser ces aspects fonctionnels en inculquant (selon leurs valeurs propres) les mœurs pratiques ainsi que l’importance des sentiments et du fait amoureux dans la relation sexuelle.

 

Une chose est évidente au regard de tout ceci : sur des sujets (sexualité, enfants) aussi sensibles, il est inévitable (et même souhaitable) que des questions dérangeantes (pour les adultes, pas pour les gamins, qui ont instinctivement soif de connaissance) viennent tôt ou tard à être posées. Plutôt que d’éluder le problème, sachant alors que les enfants y auront des réponses n’importe quoi par le biais de n’importe qui, il est nécessaire de parler de ces choses-là, qui font partie intégrante de la vie (puisque c’est la sexualité qui la permet et la transmet de génération en génération). Autrement, nous retournerons dans une vision religieuse et morale du plaisir de la chair où l’on ne saura plus si c’est bien ou mal de se faire du bien.

Alors que Mme Crockelpaf demande si c’est mal de s’embrasser comme des bêtes, M. Mackey dit qu’il ne croit pas mais qu’il en a envie en tout cas ! Entre adultes consentants, la question ne devrait même pas se poser !

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