Les drogues, c’est mal ? Pourtant, à consommer avec modération, ça n’a pas l’air, sinon pourquoi tant de gens en prennent ???

Publié le par Collectif des 12 South-Parkois

Catégorie : V] La modification des états de conscience n’est
   pas une solution, mais de toute façon les drogues durent !

 

 

Fiche de visionnage n°26 :

Épisode 17 (saison 2, épisode 4) – Le zizi de Ike

 

 

 

Commentaire d’épisode : Les drogues, c’est mal ? Pourtant, à consommer avec modération, ça n’a pas l’air, sinon pourquoi tant de gens en prennent ???

 

 

Il était une fois à South Park M. Mackey qui, en tant que conseiller, vint parler aux enfants de la drogue, de l’alcool et de leurs méfaits.

 

 

Introduction :

 

 

Certains autres animaux se droguent, tels des singes en mâchant des feuilles contenant de la strychnine (alcaloïde très toxique extrait de la noix vomique, utilisé comme stimulant à très faibles doses), mais aussi des cerfs se délectant de l’urine de leurs congénères ayant mangés des champignons amanite tue-mouches (hallucinogènes également à faible dose). En outre, depuis les temps les plus reculés, l’humain utilise des plantes autant pour se soigner que pour triper.

 

Regardant les cycles tolérance / répression qui caractérisent le regard social et légal sur les drogues, après les abus hippies et leur sanction, vinrent la Glasnost des années 80-90 mais force est de constater que nous rentrons à nouveau dans une phase de pénalisation à outrance. Pour autant, l’usage des drogues n’a jamais été autant démocratisé.

 

Nous allons voir ici comment et en quoi l’information des plus jeunes est utile pour éviter tout dérapage dans la surconsommation de produits stupéfiants, tout en sachant bien que l’état et la société n’ont que peu de moyens de pression sur le comportement toxicomaniaque des adultes. Le problème de fond restant, comme dans beaucoup d’autres domaines mais à un degré moindre, la possibilité de discuter sereinement, sans tabou et encore plus sans idée préconçue, des enjeux sanitaires sans pour autant omettre la Liberté de chacun de se mettre la tête à l’envers.

 

 

La prévention est la clef de voûte de la lutte antidrogue

 

Qu’on le veuille ou non, tôt ou tard tout individu sera plus ou moins directement en contact avec une drogue, quelle qu’elle soit. La meilleure défense étant l’attaque, le mieux est de prévenir plutôt que de guérir une dépendance lourde déjà installée depuis un certain temps !

Ainsi, il est important de faire de la prévention pédagogique auprès d’enfants qui ne se sentent certes pas concernés mais qui seront un jour confrontés au problème et où ils devront réagir à bon escient, en fonction de ce qu’ils savent du produit et avec le recul de ce qu’ils jugent bon pour eux. L’important est bien sûr de ne pas diaboliser, mais de bien faire rentrer dans les petites têtes "blondes" quels sont les tenants et aboutissants de la consommation de drogue et comment cela peut entraîner des drames si on les considère comme des médicaments au vague à l’âme : un potentiel consommateur averti en vaut deux !

M. Mackey, le conseiller de l’école, est tout à fait dans son rôle pédagogique et préventif quand il vient parler aux enfants de la drogue, de l’alcool et de leurs méfaits. On peut toutefois lui reprocher son manque de didactisme, puisque dire que fumer c’est mal donc il ne faut pas fumer, que boire de l’alcool c’est mal donc il ne faut pas boire d’alcool, que se droguer c’est mal donc il ne faut pas se droguer, est une introduction plus moralisante que pédagogique avec de vrais arguments ! Il s’améliore quelque peu en faisant tourner un tout petit échantillon de marijuana, qui se reconnaît à son odeur très particulière, justement pour que les enfants sachent quand quelqu’un fume de la marijuana à côté d’eux. Pendant que le produit circule et que les enfants s’imprègnent bien de cette flagrance pas forcément agréable,
M. Mackey enchaîne avec les risques qu’entraîne l’alcool, notamment la perte de contrôle de soi. Il passe ensuite au LSD, drogue rendue célèbre par John Lennon et Paul Mac Cartney. Oups, boulette : quand
M. Mackey demande si tout le monde a senti la marijuana, il semble que celle-ci ait été perdue (enfin pas pour tout le monde). Évidemment, le conseiller est convoqué chez la principale Victoria pour se justifier et se faire sanctionner comme il se doit ! À juste titre, son acte était loin d’être stupide (mais aurait dû être mieux contrôlé), puisqu’il pensait, avec raison, qu’il était important que les enfants connaissent l’odeur de la marijuana. Il a peut-être cru bien faire, mais toujours est-il que tous les enfants ont été fouillés un par un et rien n’a été retrouvé. Les élèves vont bientôt sortir et l’un d’entre eux va rentrer chez lui avec une dose de jamaïcaine à cause de lui. Il a beau être désolé, cela n’arrangera pas ses affaires : la principale Victoria est dans l’obligation de le démettre de ses fonctions. Se demandant s’il est viré, la principale confirme qu’en langage adulte c’est ce que ça veut dire ! Pour autant, lorsque toute cette affaire sera un peu oubliée, elle lui trouvera peut-être une place d’homme à tout faire pour nettoyer le vomi des élèves dans la cour. Évidemment, le coup est dur, voyez (pleurant à grandes eaux de vie qui bascule). Après sa cure de désintoxication et sa réintégration en tant que conseiller, M. Garrison fait témoigner M. Mackey de son expérience de sale drogué repenti et d’ancien alcoolique. Il fait alors son coming-out et parle à présent de prévention par rapport à ce qu’il a connu, non plus au regard de ce qu’on lui a dit de dire ou qu’il a lu sur des fiches "pédagogiques". Se droguer c’est mal, lui avait vraiment touché le fond, il était une loque. Même l’argent n’avait plus d’importance !
(M. Garrison secoue la tête dans un signe désapprobateur et navré).Il gâchait sa vie en faisant n’importe quoi. Les enfants s’en fichent et discutent de qui fera son bris milah (cérémonie juive du coupe-coupe du casque du petit soldat) en premier, mais se font rappeler à l’ordre par
M. Mackey car c’est important d’écouter ce qu’il dit : ce qu’il leur raconte pourrait leur sauver la vie plus tard !!! Comme il le leur disait (avec toujours autant de "pédagogie argumentée"), se droguer c’est mal donc il ne faut pas se droguer. S’ils se droguent, c’est mal, parce que la drogue c’est mauvais, voyez. C’est mal de consommer de la drogue alors ne vous droguez pas ! Aucune drogue, voyez, parce que c’est mal. La drogue c’est mauvais, voyez !

 

La drogue c’est mal, pour les enfants, pas pour les adultes

 

Pour autant, il faut bien reconnaître que la société tient un double langage : d’un côté elle terrifie les enfants avec des messages moralisateurs sur le caractère malin des drogues, de l’autre elle accepte l’alcool (qui tue des milliers de personnes chaque année, directement et indirectement) et ferme plus ou moins les yeux sur d’autres substances pourtant illicites.

Il est évident que la loi ne peut pas tout, elle ne peut même que très peu face à la responsabilité de chacun et aux envies (voire besoins, malheureusement) des Citoyens. Tout comme la religion sert à apaiser les âmes face à leurs tourments dans la dure réalité quotidienne, les drogues ramènent le "paradis" de l’état d’hypothétique à celui de bien réel, même si artificiel et passager. Ainsi, même si ce n’est pas une solution, les substances stupéfiantes sont une récréation de l’esprit, qui ont toujours fait et feront toujours partie de la culture humaine, en placard de manière cachée ou en extérieur au vu et au su de tout le monde.

On ressent bien l’ambiguïté de la chose dans le sermon de Chef aux enfants. Alors que d’habitude c’est eux qui répondent qu’ils vont mal, cette fois-ci c’est lui, étant au courant de ce qui s’est passé à l’école. Il espère bien que ce n’est pas l’un d’eux qui a volé cette vilaine marijuana, ce que confirme Stan puisqu’elle n’est pas arrivée jusqu’à eux ! Alors que Chef rappelle qu’on ne dira jamais trop que se droguer c’est mal, Stan en a bien conscience vu que tout le monde n’arrête pas de le leur dire. Et quand Chef demande si les enfants savent pourquoi c’est mauvais, Kyle récite que c’est mal parce que c’est une façon de régler ses problèmes qui provoque des dégâts physiques et intellectuels aux conséquences plus graves que ses prétendus bénéfices ! Très bon résumé, mais il n’a pas la moindre idée de ce que ça veut dire, ce qui est une preuve flagrante de l’inefficacité des messages appris par cœur. Il n’y a que Cartman pour avoir compris le sens profond de la chose, mais avec son interprétation scabreuse habituelle : pour lui c’est fastoche, se droguer c’est mal parce que si on se drogue on devient un hippie et les hippies ça craint ! Pour remettre les pendules à l’heure, Chef n’a qu’une chose à dire aux enfants concernant la drogue : ils ne doivent pas y toucher ! Il y a un temps et un endroit pour chaque chose, et ça s’appelle le collège (enfin plutôt l’université, ce à quoi correspond le mot en anglais, mais en français ça fait un peu tôt quand même, avec des ados en pleine puberté). Alors que les enfants sortent du bus qui les ramène chez eux, Stan se plaint de s’être fait fouiller, ce que confirme Cartman qui en a encore mal aux fesses qui font bravo ! Kyle se demande bien d’ailleurs pourquoi on les a fouillés eux alors que cette Marie Juivana n’est même pas arrivée jusqu’à eux. Cartman se demandant qui l’a chouré, la réponse se trouve ... chez M. Garrison ! Il est affalé dans son canapé, avec les yeux bien lourds et un sourire de benêt, et regarde les Télé Tubbies en riant comme un défoncé. On voit également que la drogue peut être un palliatif à la misère sociale quand M. Mackey dort dans la rue, avec seulement des journaux comme couverture. Il a trop froid et n’arrive pas à dormir. Un SDF juste à côté de lui (il n’avait pas vu que ces poubelles étaient occupées) lui propose alors un truc qui le réchaufferait. M. Mackey s’empresse de dire que la marijuana c’est mal, ce qui surprend le SDF. M. Mackey récite sa morale comme quoi la marijuana transforme les gens en véritable loque, ce à quoi le SDF lui envoie dans les dents la question de savoir s’il n’a pas l’impression d’être déjà une loque ? (sachant qu’on lui avait pochetronné la tête juste avant dans le bar du coin). M. Mackey tire alors une énorme latte sur le joint. Il se plaint, à moitié désabusé par rapport à tout ce qu’il a toujours dit aux élèves, de ne ressentir aucune différence ... jusqu’à ce que ... oh, il entend de la musique psychédélique. Il refuse un temps l’évidence en déclarant que ce truc ne lui fait rien du tout, puis se laisse emporter par la vague euphorique en trouvant la rue géniale, avec toutes ces couleurs et ces belles lumières ! Ça troue le cul du SDF. Le lendemain, après avoir erré toute la nuit, il a le mal de crâne du soifard de la veille et se demande bien où il est. Il se trouve en fait au milieu des bois, quand deux junkies se rapprochent de lui. Un des gars (avec un t-shirt « Legalize everything ») le reconnaît en tant que conseiller de l’école primaire. M. Mackey explique qu’il ne va pas très bien puisqu’on la chassé de la ville pour usage de drogues, ce en quoi le gars répond qu’eux aussi. Son pote enchaîne en indiquant que c’est M. Mackey qui les avait coincés aux chiottes en fumant un tarpé et qu’ils se sont donc fait renvoyer. Destin cruel, M. Mackey se demande pourquoi il se moque de lui ? Le premier type lui dit qu’il faut réagir et lui propose un bon acide qui éclaircit la tête ! M. Mackey rechigne, indiquant que prendre du LSD c’est mal, mais tenant en main un flacon avec une pipette doseuse de bonne aventure, il se lâche sur la goutte. Il se demande alors qui lui a mis du coton dans la bouche ? Sa tête, naturellement énorme car trop serrée par sa cravate, gonfle à vue d’œil comme un ballon d’hélium. Sa tête, telle une montgolfière, se détache de son corps et flotte dans les airs. Sa tronche s’envole, il fait le trip de sa vie : « Ouais, super cool, le monde devient tout petit ! Je suis Libre !!! Je suis Libre !!! ». Quand il passe au-dessus de l’arrêt de bus des enfants il salue les jeunes gens et espère qu’ils sont sages et ne font pas de bêtises. Pour sa part, lui va continuer à flotter encore quelques heures ! Après être redescendu sur terre et avoir rembarré Jimbo, une fille dans le recoin d’un passage trouve que ce qu’il lui a dit était super cool. Elle lui demande si ça le brancherait de venir chez elle faire de la peinture sur soi. Chez la fille, avec des peintures – ou plutôt tâches et traces de main psychédéliques de couleurs – au plafond, M. Mackey philosophe : « Quelque part, c’est comme si tu passais ta vie à croire que tu n’es qu’une individualité, tu vois. Et puis tu réalises que tu es bien plus que ça, tu vois ! On forme tous une seule grande individualité, tu vois !!! ». La fille n’en peut plus et lui propose de se marier et d’aller passer leur lune de miel en Inde ! Pour lui c’est ok, c’est bat, c’est in : il enlève sa cravate et sa tête se dégonfle comme une baudruche. Comme un hippie qu’il est devenu, M. Mackey part avec la fille en Inde. Devant les merveilles qu’ils contemplent, M. Mackey est en Harmonie avec la nature environnante, il ne fait qu’un avec les animaux, avec la Terre ... et la fille ne fait qu’une avec lui. Il entame alors une sérénade : « Célébrons aujourd’hui l’Amour qui nous unit. Une nouvelle vie s’ouvre à nous ... »

 

On ne peut parler sereinement des drogues, si ce n’est de l’alcool (qui n’en est pas considérée comme une)

 

On le voit ici, certaines drogues sont loin d’être le mal incarné, à condition bien sûr d’être consommées avec modération, comme tout. C’est un peu facile de jeter la pierre à quelqu’un qui plane pourtant gentiment et atterrira tout autant en douceur.

Mais le problème est bien que les politiques moralisateurs ont tellement mis toutes les drogues dans le même sac en pointant du doigt certains comportements compulsifs et outranciers, qu’il est des plus difficile de débattre tranquillement des drogues sans vite retomber dans les stéréotypes. D’autant plus que beaucoup parlent de choses qu’ils ne connaissent pas, si ce n’est par le canal biaisé de la désinformation d’état, soi-disant pour protéger les consommateurs qui seraient assez stupides pour ne pas connaître les dangers du feu avec lequel ils jouent.

Ainsi, quand M. Mackey erre dans les rues, les passants l’interpellent depuis leur voiture, l’un lui demandant s’il lui reste une dose sur lui, son petit de quatre ans ayant besoin d’un fix, l’autre sachant enfin ce que lui et Homer Simpson ont en commun, à savoir la défonce ! M. Mackey se fait harceler de tous les côtés, et il rentre alors dans un bar pour se mettre à l’abri. Évidemment, lui qui considère à juste titre que l’alcool c’est (LE) mal, n’a jamais mis les pieds dans un bar, mais il ne sait plus quoi faire ayant perdu son travail. Alors que les autres drogues sont décriées, le serveur compatissant avec la difficulté d’être chômeur sait ce qu’il lui faudrait : une bonne bière bien fraîche ! M. Mackey a beau préciser qu’il ne boit pas, le dealer embouteilleur revient à la charge en arguant qu’il se sentira mieux après (exactement la technique de base de tout revendeur de drogue pour hameçonner un client potentiel et le rendre ensuite accro). Mais M. Mackey connaît ses cours parfaitement et lui rappelle que boire c’est mal. Pourtant, le diable (« tentateur » en grec) apparaît sur son épaule, reprend le discours du serveur et l’incite à boire cette bière, ça le détendra et il verra la vie autrement ! Même son ange gardien, qui apparaît sur son autre épaule, en rajoute en disant que, sans déconner, c’est juste une bière et qu’il ne doit pas jouer les gonzesses ! Quand le serveur lui demande comment il se sent, après un bon rot de bièreux, il répond qu’il est comme avant. Le dealer met alors en place la vraie théorie de l’escalade (puisque pour les autres drogues elle est loin d’être avérée) en lui disant qu’il lui faut donc un truc plus costaud et sort une bouteille de whisky. Avec ce genre de produit et son inexpérience, M. Mackey chante et titube en rentrant chez lui. Ayant du mal à trouver le trou (de la serrure ici, mais ça peut être aussi un autre genre quand il y a trop de grammage), puis la clé n’y tournant pas, il croit s’être trompé de maison. En réalité, c’est le proprio qui a changé la serrure : étant donné qu’il a été renvoyé de son travail parce qu’il « vendait » de la drogue aux enfants, ce beauf ne lui loue plus cette maison. M. Mackey essaie de s’expliquer puisque ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé, le proprio ne veut rien entendre : la drogue c’est illégal, un point c’est tout, et n’ayant jamais pris de drogue, il garantit que ça ne sert à rien du tout ! M. Mackey a beau se justifier qu’il ne se drogue pas (sauf ce soir-là à l’alcool mais on lui a forcé le coude), le proprio se vante de n’avoir jamais pris de drogue et d’être quelqu’un de sain (mouais, c’est vite dit ça). Devant l’impossibilité de discuter calmement, le proprio enjoint à M. Mackey de quitter sa propriété avant qu’il ne perde son self-control et qu’il ne le tue ! Il se saisit alors d’une pierre et la jette sur M. Mackey en lui criant dessus « Sale drogué ! Fous-moi le camp d’ici, sale drogué !!! » et continuant à jeter des pierres sur M. Mackey en lui courant après. Plus tard, M. Mackey devenu un pur baba (mais pas au rhum) se balade dans la rue quand Jimbo, l’oncle de Stan, lui rentre dans l’épaule quand il le croise. Jimbo lui lance que ce hippie de merde n’a qu’à changer de trottoir, mais M. Mackey ne se laisse pas faire, n’ayant pas à subir son dictat fasciste et réac !!! Pour lui, Jimbo est comme ceux qui sont au gouvernement : d’une main ils n’arrêtent pas de persécuter les gens comme lui, et de l’autre ils approuvent les milices d’autodéfense ! Jimbo, blasé, quittant le lieu, se défend tant bien que mal en lui disant qu’il n’a qu’à aller voir un concert de Grateful Dead (groupe de rock psychédélique américain, créé en 1965 à San Francisco, dont les morceaux ressemblent à des "collages" musicaux faits pour l’hallucination), ce à quoi M. Mackey répond qu’il ne peut pas puisque Jerry Garcia est mort (en 1995, victime de ses abus d’alcool et d’héroïne) ! Au-delà de ces attaques de bas étage, les proches sont toujours persuadés qu’il faut agir pour le bien du drogué, qui serait fatalement pris dans un cercle vicieux où les plaisirs du début seraient forcément remplacés par la lente descente aux enfers. Ainsi, alors que M. Mackey est en Inde avec sa nouvelle femme et qu’il est tout heureux de leur nouvelle vie qui s’ouvre à eux, l’Agence Tous Risques débarque, lui tombe dessus, le tabasse et l’emmène avec elle dans la fameuse fourgonnette noire conduite par Jimbo. Quand M. Mackey demande ce que cela veut dire, Jimbo explique que c’est pour son bien, qu’ils vont l’emmener se faire désintoxiquer, alors que pour M. Mackey tout va bien, il n’a pas besoin de décrocher puisqu’il n’a plus rien pris depuis une semaine (preuve qu’on peut se faire plaisir un temps puis passer à autre chose, l’amour étant une drogue naturelle chimiquement engendrée par notre cerveau – le plus gros dealer au monde). Alors que M. Mackey s’énerve en vociférant qu’il n’a pas besoin d’être aidé, comme des totalitaristes qui pensent savoir ce qui est bon pour celui qui ne le sait pas, M. Garrison (le voleur de dope du début) le rassure car ils veilleront à ce qu’il ait toute l’aide qu’il lui faut. Au moins, la principale Victoria demande pardon, reconnaissant qu’elle avait eu tort de le chasser. Quand elle affirme que toute l’équipe de l’école aurait dû réaliser qu’il avait besoin d’aide, M. Mackey rappelle qu’il ne demande rien à personne, mais la principale n’entend rien (tellement prise dans sa quête d’expiation et son rôle de sauveuse d’âme égarée) et lui renvoie qu’il les remerciera plus tard. À la clinique de désintoxication Betty Ford, une responsable sermonne M. Mackey qu’il doit admettre son addiction, sinon elle ne pourra rien faire pour lui. Mais le problème est bien, sincèrement, qu’il ne croit avoir aucun problème ! La responsable a beau dire que son problème a engendré la perte de son travail, elle n’en sait rien puisque M. Mackey l’a perdu avant de se droguer ! Pour la responsable, M. Mackey doit se comporter en adulte (les fournisseurs de LSD rencontrés dans les bois, en section Réhabilitation, sont scotchés comme des benêts devant les Télé Tubbies), le problème avec la drogue étant que les gens n’arrivent plus à s’arrêter (alors que lui s’est sevré tout seul). Mais il y a un temps et une place pour chaque chose, et ça s’appelle le collège (ou plutôt l’université, encore une fois) ! À présent, la responsable veut que M. Mackey répète après elle « se droguer c’est mal », ce qu’il fait mais sans trop de conviction. Elle le relance une seconde fois, mais il reste toujours hésitant. À force de matraquage d’une formule qu’il connaissait par cœur, il est maintenant complètement guéri. Lobotomisé par la morale, il ne pourra jamais assez la remercier de sentir qu’il est redevenu comme il était (ennuyeux à mourir) ! La responsable rajoute une dernière chose (après lui avoir resserrée sa cravate, sa tête se regonflant) qu’il ne doit pas oublier : il peut rester sobre ! Chose que promet deux fois M. Mackey, voyez !!!

 

 

Conclusion :

 

 

Voyez, on se couchera moins bête car on a appris un truc aujourd’hui : les drogues sont partout parmi nous. Pour ne pas tomber dans leurs (nombreux) travers, il faut être conscient des risques potentiels mais surtout de ses propres limites.

 

Tout comme une arme, les drogues ne sont pas dangereuses en soi, tout dépend de qui se cache derrière. Après avoir été suffisamment informé des modes de consommation, avoir bien assimilé les consignes de sécurité du vol intérieur à respecter pour ne pas se crasher à la première dépression lors d’un passage dans un trou d’air, celui qui veut s’assurer d’être heureux d’avoir fait un beau voyage (comme Ulysse) se doit d’être en phase avec lui-même. À partir de là, si la drogue est consommé petit à petit et pour son rôle de récréatif plutôt que de médicament au vague à l’âme, dans un contexte mental et social/amical sereins, il n’y a fondamentalement pas de raison de bad-triper (sauf si on a acheté ça à n’importe qui n’importe comment et n’importe où : la règle d’or est d’acheter autant que faire se peu à ceux qui ne vendent
pas – on galère plus à trouver, mais quand on chope, c’est un produit de conso perso donc testé et approuvé par le dépanneur plutôt que par un dealer pour qui il n’y a que la maille qui lui aille). Le jour où nous arriverons sereinement à parler des drogues autres que l’alcool que beaucoup consomment, les dealers de vrais toxiques disparaîtront et on pourra se faire plaisir sans crainte ni du gendarme ni de la réprobation sociale contre ceux qui se font du bien sans faire de mal à qui que ce soit.

 

Il est évident que personne n’a fondamentalement besoin de se droguer, mais que beaucoup le font tout de même. Le nier ou le combattre est une futilité stupide qui ne sert qu’aux mafias et à diminuer la qualité des produits que l’on consomme. Se faire plaisir avec sa machinerie corporelle, elle-même nous manipulant à grosses doses d’hormones (autre nom pour les drogues organiques telles que l’adrénaline, la dopamine, la sérotonine, etc. ...), est un droit et une Liberté absolue. Mais il ne faut jamais oublier que qui veut aller loin doit ménager sa monture, que les drogues ne sont pas une solution pérenne aux problèmes existentiels, et que ni le corps ni le cerveau ne sont une poubelle où tout est recyclable, loin de là !!!

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